29 juin 2006
La cour des miracles au "Jawazat" d'Alep
Quatre heures d'attente a l'administration des passeports pour que les officiers retrouvent mon "ikame", le précieux papier qui permet de résider en Syrie. La foule se presse sur le guichet d'une vingtaine de mètre de longueur ou les officiers sont chacun charges de remplir une tache précise. Pour obtenir un papier, vous devez rencontrer la moitie d'entre eux puis aller demander la signature du général et du lieutenant sans oublier d'acheter les timbres a l'étage du dessous ou des bédouins en attendant que leurs formalités soient terminées campent a même le sol. Dans un coin de la grande salle du rez-de-chaussée, des hommes en galabia prient Allah. Dans une petite salle de priere musulmane amenagee par l'administration, ils s'agenouillent et abaissent a intervalles réguliers leur tète jusqu'à terre. Des militaires, la kalachnikov en bandoulière, fendent la foule.
En haut, la ou j'attends, quelques touristes occidentaux tentent d'allonger leur visa de quatre ou cinq jours supplémentaires, des maquereaux aux gueules patibulaires s'occupent des papiers de leurs "filles" venues de l'Est et les bourgeois chrétiens présentent leurs jeunes Philippines qui leur serviront de bonne a tout faire tandis que leurs copains musulmans eux préfèrent les petites indonésiennes voilées qui viendront rejoindre le travail de leurs maisons. Et moi, dans tout ça, avec Bertrand et Priscille, nous attendons... Avec un officier que je connais déjà un peu, j'engage la discussion a propos de la prestation des bleus contre l'Espagne. Il partage mon avis sur le rôle de première importance qu'a joue Thierry Henry en pointe de l'équipe, toujours a la limite du hors jeu.
Au bout de trois heures et demie de transpiration et d'énergie dépensée a communiquer en arabe mes demandes, mon esprit s'échauffe. Un gars a sale tronche vêtu d'une chemise d'un bleu criard abominable me bouscule a peine et me voila qui le prend vivement a parti. Le type se retourne contre moi mais avant que notre histoire ne dégénère, non ami officier nous sépare et me demande de reculer de quelques mètres.
Résultat des courses a H4: Bertrand a son "ikame" et son visa de sortie de Syrie pour partir vers la Jordanie, Priscille obtient un rallongement de la durée de son visa de tourisme et moi, je devrai revenir dans deux semaines pour l' "ikame" mais je récupère mon visa de Sortie pour partir avec Bertrand. Il est 15h30, le bureau des "Jawazat" ferme ses portes. Nous rentrons a la maison.
Commentaires
blog et courrier des missions
Salut François,
J'ai trouvé ton blog sur le "courrier des missions" Fidesco, que j'ai la chance de recevoir du fait que je parraine un ami en Angola.
J'ai trouvé ton message dans ce "courrier des missions" beau et fort à la fois. Beau quand tu nous parles du ciment social que représente le christianisme pour les syriens. Un exemple. Fort quand tu nous parles de tes difficultés et de tes désillusions. On les retrouve d'ailleurs imperceptiblement dans les lignes de ton blog, de même que j'ai cru y déceler un caractère plutôt "entier"...
Allez, bon courage, bravo pour ton blog, ne tape pas trop quand même sur les bourgeois chrétiens qui ne font de mal à personne avec leurs philippines, et continue à nous parler avec ce fourmillement de détails qui nous fait particulièrement bien comprendre ta vie tout là bas.
Amitiés,
Jacques, de Paris XIème arrondissement
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