06 juin 2006
Les etudiants commencent a plancher
Et c'est parti pour les épreuves écrites des étudiants de Dar Basil... Elles seront decisives pour leur passage en deuxieme annee. Au programme de ce matin: Histoire, communication et pour certains, oral de français avec le redoutable Monsieur François. Les étudiants me paraissent plutôt décontractés, ce n'est pourtant pas faute de leur avoir mis la pression en ayant explique a maintes reprises que je n'hésiterai pas une seule seconde, si il le fallait, a les sanctionner par des notes éliminatoires. Ils ne me croiraient peut-être pas? Je sais pourtant si bien faire le méchant!
Les longs temps de surveillance me permettent de progresser efficacement dans ma lecture des Sept piliers de la sagesse du maître Lawrence. Son epopee dans les sables, son endurance a dos de chameau. son inculturation au monde arabe m'apprennent a mieux supporter la chaleur terrassante de ces derniers jours.
Mon co-missionnaire Bertrand revient de France dans la nuit. Il est fort a parier qu'il me réveillera demain matin (tôt!) a grands coups de " François, réveille, ouvre la porte" car il m'a laisse ses clés avant de partir et ne pourra donc ouvrir la porte de l'archevêché demain matin (tôt!) en arrivant.
En attendant son retour, j'aurai la joie ce soir d'écouter a l'Institut une intervention de Madame Annie Caubet, directrice du département des antiquités orientales du Louvre. Elle nous parlera du travail de l'ivoire dans je ne sais plus exactement quelle antiquité, il y en a tellement, surtout ici en Syrie.
05 juin 2006
Joyeuses nouvelles de France
Consequence inattendue du lancement de ce blog, je recois des joyeuses nouvelles de France. Ainsi, en deux jours, j'apprends les mariages d'Olivier Descleves avec Estelle, d'Arnaud Damois avec Elisabeth qui feront le grand saut a la fin juillet en meme temps que Mikael de Talhouet et Mathilde et que Francois Negre et "j'ai oublie le prenom". Un autre tres bon ami m'a annonce l'arrivee prochaine de son premier petit boutchout, vers Noel. Je ne sais pas si j'ai le droit de publier la nouvelle donc je resterai silencieux sur les noms des heureux parents. Pour ma part, pas de grandes nouvelles a vous livrer en exclusivite -ce sont mes parents et mes soeurs qui vont etre decus- seulement un quotidien tranquille ou j'essaye de resister a cette chaleur terrassante qui ecrase toute velleite de travail. Ce matin, en me levant, il faisait deja 30 degres a l'ombre! Malgre tout, j'ai termine aujourd'hui les sujets d'examens de mes chers etudiants et je reflechis a la mise en place d'un site internet pour l'Institut Dar Basile.
04 juin 2006
Au tour de Sixtine...
... la grande soeur d'Arnould :
« Est-ce qu’il y a des écoles maternelles en Syrie ? Comment font les enfants pour apprendre à écrire dans l’autre sens ? »
Les écoles syriennes accueillent comme en France les petits enfants. Ces écoles sont même de plus en plus nombreuses car la population syrienne ne cesse d’augmenter. Tu as bien remarqué que les arabes écrivent « à l’envers ». Comment font-ils ? Pas question pour les enfants de faire le poirier pour écrire sur le tableau. Il s’agit juste de bien s’asseoir sur sa chaise et de commencer par la droite de la page pour diriger sa plume vers la gauche. La langue arabe est très dure à apprendre si bien que beaucoup de syriens ne la maîtrisent pas très bien.
« Les toits sont bizarres, ils sont tout plats. Pourquoi ? »
Je vais renverser ta question. Pourquoi en France, les maisons ont des toits et pourquoi les maisons à Alep n’ont pas de toits ? La réponse est très simple et s’explique par les différences entre les météos française et syrienne. En France, il pleut énormément et en Syrie, il n’y a que cinq mois de pluie. Les maisons françaises sont construites pour résister à la pluie et à la neige. En Syrie, cette précaution n’est pas nécessaire. Et en été, ces terrasses sont bien utiles. Elles permettent de profiter de la douceur d’une soirée après avoir subi la chaleur torride de la journée.
« Apprenez-vous à vos élèves à écrire en français ? Etes-vous sévère ? »
Mes étudiants ne sont pas beaucoup moins âgés que moi. Difficile pour moi d’être sévère avec eux. Pourtant, ils auraient bien besoin d’être un peu secoués. Ils ne font pas souvent leurs exercices à la maison et certains d’entre eux n’ont pas de bons résultats. Je passe presque vingt heures de cours avec eux chaque semaine. Je deviens plus un grand-frère qu’un professeur. Il m’arrive tout de même de me mettre en colère. Vendredi, par exemple, Amir avait transformé une feuille de leçon en un avion à réaction. Je m’en suis aperçu et la moutarde m’est montée au nez ! Mes jeux d’autrefois ne me font aujourd’hui plus du beaucoup rire.
« Avez-vous un vélo pour aller à vos cours ? Parce qu’on dirait que c’est un peu le foutoir pour les voitures ! »
Le trafic des voitures à Alep est très dense. Les taxis jaunes roulent à toute berzingue et en traversant une rue, il faut bien faire attention à ne pas se faire écraser. Quelques vélos se risquent tout de même sur les avenues mais je crois qu’ici, je n’oserai jamais enfourcher un deux roues. De toute façon, l’Institut dans lequel je travaille est situé à quelques minutes de marche de l’archevêché grec catholique. Alors pas besoin de vélo !
Questions d'Arnould
Arnould qui en meme temps d'etre le charmant petit garcon de ma soeur Edith est aussi mon filleul, me pose quelques questions sur la vie a Alep:
« Est-ce qu’un autre jour vous pourrez quand même revenir ici, chez nous ? »
Mon cher Arnould, ne t’inquiète pas, ton parrain reviendra un jour dans son pays pour retrouver son papa et sa maman, ses sœurs et se beaux-frères ainsi que ses petits neveux. Je suis bien sûr très impatient de te retrouver pour jouer au chien sur la pelouse de Champfleuri. Il faudra aussi que je t’aide pour taquiner ta grande sœur chérie.
« Est-ce qu’un jour on pourra aller vous voir en Syrie avec tout le monde ? »
Avant même que je n’aie répondu à ta première question, tu avais déjà prévu ma réponse. A cette seconde question, je répondrai que bien sûr tu es le bienvenu. Néanmoins, ton oncle François est très occupé par ses étudiants et ses amis syriens. Il a décidé de vivre en Syrie et a accepté de vivre loin des siens pendant deux années. Si tu veux vraiment le rejoindre en Syrie, il faudra donc le prévenir bien avant ton arrivée pour qu’il puisse s’organiser. En attendant que tu viennes, ce sont Bon-papa et Bonne-maman qui viendront le rejoindre en Syrie après Pâques. A leur retour, ils te donneront des nouvelles.
« Est-ce que vous pouvez me dire comment y aller pour vous voir ? Est-ce que vous êtes passé par-dessus l’Océan Atlantique pour y aller ? »
Devant tant d’insistance, je ne peux pas te refuser de rêver à ce grand voyage. Itinéraire de Verdun : Tu demandes à ta maman de te déposer à la gare de Verdun. Tu prends le tortillard jusqu’à Châlon. De là, tu prends le train Express vers Paris. Arrivé gare de l’Est, tu montes dans un train RER direction l’aéroport Charles de Gaulle. Il s’agit maintenant de trouver le bon aérogare avec un avion en partance pour Alep. Je te conseille la compagnie Air France qui propose des vols directs c'est-à-dire sans escale, vers Alep, en Syrie. L’avion survolera les Alpes et donc Hauteluce, puis l’Italie mais il ne descendra pas jusqu’à Rome, ensuite il piquera vers la Grèce, traversera la mer Méditerranée et arrivera au-dessus d’Alep. Si par malheur, le commandant t’annonçait dans l’avion que tu es en train de survoler l’Atlantique, c’est que tu as commis une erreur affreuse et que ton avion ne part pas vers Alep mais bien plutôt vers New-York, Mexico, Londres ou Santiago. Ces destinations sont merveilleuses mais en aucun cas, elles ne te rapprocheraient de moi. Petite recommandation : Demande conseil à ta maman avant de choisir ton avion !!!
Arnould qui a vu la photo d’un monsieur au gros ventre dans le souk demande : « Est-ce que, quand vous reviendrez, vous aurez un gros ventre comme le monsieur qui mange trop de pistaches ? »
Je te remercie pour ta sollicitude à mon égard. Mais pour ce qui est de ma ligne, ne t’inquiète pas : à force de courir après les étudiants ou après les vieilles pierres, je continue à bien me dépenser. Et malgré la richesse de la gastronomie aleppine, je n’ai pas de risque de me retrouver avec un gros ventre.
Pentecote sur le Monde, de Rome a Alep
Samedi soir, les representants de toutes le communautes nouvelles d'Alep se retrouvaient pour rendre grace au Seigneur et pour se preparer a l'effusion de l'Esprit-Saint. Les communautes charismatiques, les cellules de vie chretienne animees pas les Jesuites, les Jeunesses Etudiantes et Ouvrieres Catholiques, les Foccolari, les Point-Coeurs, Feu et Lumiere... Apres un moment de priere, tous ensemble, nous etions 200, par petits groupes, nous nous sommes retrouves pour que chacun partage les graces particulieres qu'il avait recues en cheminant avec telle ou telle communaute. Pour ma part, j'ai parle de ma rencontre et de mon cheminement dans la communaute de l'Emmanuel. J'ai raconte comment l'Emmanuel m'avait aide a me laisser habiter par la joie de vivre avec le Christ, comment ma priere etait devenue spontanee et aimante, comment etait ne dans mon coeur l'ardant desir de partager a ceux que je rencontrais l'experience de cette presence de Dieu en moi.
Dimanche matin, sur KTO que nous recevons a Alep (miracle de la science qui n'a pas que des defauts...), j'ai admire les images de l'assemblee des fideles catholiques venus du monde entier qui se retrouvaient au tour de Benoit XVI pour celebrer le Messe de Pentecote. Quel signe d'esperance incroyable que de contempler cette Eglise universelle reunie pour partager le corps du Crucifie, du Sacrifie, de Celui qui est mort pour nous sauver de la mort. Ressuscite, Il ne nous laisse pas seul, Il nous laisse en compagnie de l'Esprit d'Amour, de l'Esprit de Verite. C'est Lui qui nous anime, qui fait que nous sommes dans le monde sans pour autant etre du monde. C'est lui qui nous permet d'aimer ce monde tout en esperant le monde qui vient, celui qui ne connaitra pas de fin. Amen, viens Esprit-Saint, viens remplir le coeur de tes fideles.
03 juin 2006
Viens Esprit-Saint, viens en nos coeurs
Alors que toutes le communautes nouvelles qui ont pris leur essor apres le concile vatican II se retrouvent autour du Saint Pere a Rome pour prier l'Esprit-Saint, a Alep, une veillee de priere rassemble dans la cathedrale chaldeenne les jeunes mouvements catholiques presents dans la ville. C'est une tres grande joie pour moi de m'unir en Syrie, a la priere de mes freres et soeurs qui se sont rendus a Rome ce Week-end.
Le rendez-vous du jeudi soir
Le jeudi soir, nous continuons ce temps d'adoration qui nous permet chaque semaine de déposer au pied du Seigneur les joies et les peines de notre mission. Il n'y a pas foule pour adorer avec nous mais nous croyons dur comme fer que ce rendez-vous hebdomadaire rythme et fortifie notre élan missionnaire. Depuis le mois d'avril, après la messe, le Père Imad Dagher qui est l'aumônier des jeunes de Jésus ma joie, célèbre la messe en langue française. C'est Mgr Jeanbart qui est à l'initiative de cette nouveauté. Il espère que le jeudi soir à la cathédrale melkite deviendra le rendez-vous des catholiques francophones d'Alep. La dernière fois, nous avons eu la joie d'accueillir une famille togolaise. Lui est ingénieur dans un centre de recherche agronomique et depuis deux ans, avec sa femme et ses trois petits enfants, il habite Alep. Ils reviendront les jeudis pour participer à la célébration de la messe dans une langue qui leur sera plus familière que l'arabe ou le grec.
Jesus ma joie
Jésus ma joie est un mouvement de jeunes chrétiens qui s'inspire de la spiritualité de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. Ils ont entre 20 et 30 ans, étudiants ou jeunes professionnels et se retrouvent pour des moments de formation, de prière et de détente. Ils sont engagés dans l'évangélisation à travers un groupe de musique chrétienne qui reprend des morceaux bien connus des Syriens. C'est Tony, admirable guitariste devant l'Eternel qui mène les troupes. Avec Bertrand, nous retrouvons le groupe Jésus ma joie assez régulièrement. Notamment, nous avons participé à un Week-end à Tartous, près de la mer, ou nous avons pu, avec Bertrand, admirer les trésors d'hospitalité du groupe de jeunes. Nous sommes partie prenante de leurs activités et nous essayons d'être investis dans l'organisation et l'animation des activités. Bertrand a témoigné dans un grand rassemblement de sa manière de vivre sa sexualité et moi, j'ai parle du protestantisme, en expliquant les différents points qui faisaient que je n'étais pas protestant. Si Jésus ma joie est une merveilleuse occasion de nous mettre davantage au service de l'Eglise de Syrie, il est aussi un lieu idéal pour que nous tissions de nouvelles amitiés dans la jeunesse syrienne.
Les Français de passage en Syrie
C'est l'affluence… Il y a eu bien sûr la visite des parents qui étaient tellement heureux de retrouver leur grand fils. La barbe n'était pas coupée, le caractère était toujours aussi imprévisible mais malgré tout, ils n'étaient pas mécontents de me retrouver. Grand tour de Syrie, rencontre des amis, razzias dans le souk, découverte de Petra en Jordanie… Ils reviendront accompagnés peut-être… Affaire à suivre. Ensuite, c'est un groupe d'amis originaires de Rennes qui est passé me retrouver. L'un d'entre eux, Jean-Baptiste, était déjà venu en septembre. Il devient "addict" de la Syrie. Antoine D'Abbundo, collègue de mon ami Luc Balbont du Pèlerin Magazine est venu à Alep pour participer à la semaine sainte. Il a réalisé un splendide reportage illustre par les images prises par Steve Scube, photographe libanais de talent que je serai certainement amené à retrouver lors d'un prochain passage à Beyrouth. J'attends maintenant Marie Lambert de la Fidesco qui devrait prochainement venir nous retrouver pour vérifier que tout se passe bien. Elle préparera aussi l'arrivée de nouveaux missionnaires coopérants dont le débarquement est prévu pour la rentrée de septembre. Ca bouge à Alep! Et puis, il y a aussi mon excellent ami Yann de Courville qui a accomplit l'extraordinaire prouesse de se séparer dix jours de sa nouvelle patrie, le Mexique, pour venir découvrir les charmes de la Syrie et me retrouver a Alep. Nous avons vécu ensemble des aventures rocambolesques que nous ne sommes pas prêts d'oublier.
02 juin 2006
infortune informatique
Mission d'Alep, le trimestriel de l'actualite de ma mission a Alep n'est pas encore arrive dans vos boites aux lettres. Pas d'inquietude a avoir pour autant. Le redacteur en chef et sujet essentiel traite, retraite et encore traite dans ce journal n'a pas disparu de la circulation. Il est juste victime des faiblesses de son fidele ordinateur portable qui eprouve encore quelques difficultes a s'adapter aux originalites climatiques de la Syrie. Contre fortune, bon coeur, son maitre s'est employe a surmonter cette epreuve passagere pour terminer avec quelques mois de retard le troisieme exemplaire de Mission d'Alep, le journal de ma mission a Alep.


